Remember me est sans conteste l'album de tous les superlatifs. Là où trip trip était varié mais parfois frustrant, le potentiel vocal évident de KOKIA n'étant pas exploité à sa pleine mesure, Remember me est certes un peu moins éclectique mais compense par une efficacité ô combien jouissive.
L'ensemble
du disque est d'une qualité telle qu'il ne suffirait en aucun cas de
quelques lignes pour en dévoiler tous les trésors. Le CD tout entier
nous entraîne dans un univers tout simplement magique, une véritable
invitation au voyage dont nul ne pourra ressortir indemne. En grande
majorité, les accompagnements y sont soit minimalistes, parfois même
limités au simple piano-voix, soit composés de violons synthétiques
très réussis. Côté arrangements en tout cas, l'omniprésence sur l'album
de Taisuke Sawachika fait véritablement des merveilles.
Mais là où réside toute la force de ce Remember me,
c'est bien sûr en cela qu'il nous donne enfin ce que l'on attendait
depuis longtemps : une véritable démonstration vocale. Au fil de
l'album les pistes gagnent en puissance, pour tourner rapidement au
concerto lyrique d'une beauté à la limite de l'indicible. Remember the Kiss, Kawaranai koto ou encore Watashi no Taiyou augurent déjà du meilleur sur ce plan, mais on atteint des sommets avec Anshin no naka, ?, sigh et Daiji na mono wa mabuta no ura
qui dans des registres différents constituent tous de sublimes moments
de musique, où l'accompagnement est entièrement mis au service de la
voix de l'artiste traîtée comme un instrument à part entière.
Toutefois Remember me
ne serait rien sans son morceau phare, un véritable hymne à la voix
féminine qu'aucun qualificatif ne saurait encenser à sa juste valeur : I believe ~umi no soko kara~,
qui donnera des frissons de plaisir à tous les amateurs de grandes voix
avant de littéralement les écraser sous une imposante reprise des
refrains en chorus dans une envolée lyrique d'une pureté tout bonnement
incroyable. Un défi de taille pour tous ceux qui n'ont encore jamais
pleuré devant un morceau de musique, qui à lui seul suffit à faire de
ce disque, incontestablement, le meilleur album de KOKIA.