Chronique ( source jmusiceuropa ) :
Après le très bon aigakikoeru (qui est resté une exclusivité française pendant plusieurs mois), Wasabi Records récidive en sortant en France, seulement deux semaines après la version japonaise, le nouvel album de KOKIA : The VOICE.
En entendant Odayaka na shizukesa, le titre qui ouvre The VOICE, on se dit tout de suite que l'on est en présence d'un grand album de KOKIA. Cette première piste, superbement interprétée par la chanteuse, a bénéficié d'arrangements riches et subtils signés Yasuhisa Yamamoto (qui avait déjà collaboré avec l'artiste sur son précédent album) et est un enchantement pour les oreilles. Les sonorités électroniques y sont parfaitement employées et se marient sans problème aux instruments "classiques" : piano (joué ici par KOKIA, ce qui, curieusement, est assez rare sur ses albums), violon, violoncelle, saxophone... Les bruits d'oiseaux et les "hush" de KOKIA ajoutent quant à eux encore un peu plus de charme à ce morceau qui constitue un des moments forts de ce nouvel album.
Parmi les autres titres marquants de The VOICE, il mare dei suoni se place assurément en bonne position lui-aussi. On avait déjà eu l'occasion d'avoir un aperçu de ce morceau grâce à une vidéo live publiée sur le site officiel de l'artiste, il y a un certain temps. Celle-ci avait d'ailleurs suscitée des réactions très enthousiastes chez les fans et on ne peut que se réjouir de voir figurer ce titre dans le tracklisting de l'album (sachant que KOKIA a l'habitude de chanter en concert depuis des années des chansons toujours inédites sur CD...). La première particularité de ce morceau est que, comme son titre l'indique, celui-ci est chanté en italien. On notera également que c'est la seule chanson de l'album dont l'artiste a signé elle-même les arrangements (assez électroniques, contrairement à ceux de la version entendue dans la vidéo). Mais il mare dei suoni se distingue surtout comme étant le morceau le plus intense de l'album, KOKIA nous offrant une magnifique démonstration de ses capacités vocales.
Seul morceau de l'album non composé par la chanteuse, Ave Maria nous rappelle lui-aussi d'une bien belle manière que KOKIA est sortie de la prestigieuse école de musique Toho Gakuen avec un diplôme en "chant d'opéra" en poche. Si certains seront peut-être déçus par les arrangements de Taisuke Sawachika (un des musiciens et arrangeurs avec lequel l'artiste collabore le plus depuis des années) sur ce titre, l'interprétation de KOKIA devrait mettre tout le monde d'accord.
Impossible de ne pas citer aussi Follow the Nightingale (générique de début du jeu vidéo Tales of Innocence, sorti en maxi en novembre 2007), un des morceaux les plus ambitieux et originaux de l'album qui prouve que l'artiste n'a décidément rien perdu de sa créativité. Et, puisqu'on parle d'originalité, profitons-en pour évoquer également song of pocchong~shizuku no uta, titre chanté dans un langage imaginaire qui, avec son atmosphère légère et son ton amusant, tranche avec le reste de l'album.
Celles et ceux qui ont une préférence pour les chansons acoustiques de l'artiste n'ont pas été oubliés non plus et pourront savourer les très beaux Todokimasu you ni et Lacrima, deux morceaux sur lesquels l'artiste est uniquement accompagnée par une guitare. Autre chanson aux arrangements assez dépouillés (mais pas totalement acoustiques), Chiisana uta est une ballade qui devrait, avec son piano délicat, séduire sans problème un grand nombre d'auditeurs. A n'en pas douter, nombreux seront aussi celles et ceux qui tomberont sous le charme d'Everlasting et de son ambiance éthérée à la Enya.
En fait, après plusieurs écoutes, on en vient à la conclusion que cet album contient très peu de titres faibles. La plus grosse déception venant de la piste exclusive à cette édition française : say goodbye & good day (générique de fin de Tales of Innocence, qui figurait déjà sur le maxi Follow the Nightingale). Sans être vraiment mauvais, ce titre n'est pas spécialement marquant et fait pâle figure à côté de certains joyaux cités plus haut. De plus, il ne soutient clairement pas non plus la comparaison avec la piste exclusive à l'édition japonaise, à savoir le très beau morceau piano/voix Watashi ni dekiru koto.
Et pour les personnes qui se demanderaient pourquoi Tatta hitotsu no omoi ne figure sur aucune des deux versions de l'album alors que ce titre est sorti en maxi deux mois plus tôt, cette absence s'explique certainement par le fait qu'il s'agit plus d'une "commande" des producteurs de la série d'animation Gunslinger Girl - Il Teatrino - que d'une création personnelle de KOKIA (il suffit de se rendre sur le site officiel de l'artiste pour s'en convaincre : sur la page consacrée à sa discographie, le maxi apparaît dans la partie "others"...). Et puis avouons que, de toute façon, ce morceau n'avait vraiment pas sa place au sein de l'album (contrairement à Umaretate no shiro, l'autre titre du maxi, qui lui n'aurait pas fait tâche).
En conclusion, KOKIA nous offre avec The VOICE une nouvelle et magnifique démonstration de tout son talent, que ce soit au niveau de l'interprétation (alliant à merveille technique et émotion) ou de la composition. Et, malgré une plage "exclusive" quelque peu décevante par rapport à celle de la version japonaise, on ne peut que remercier Wasabi Records pour cette nouvelle sortie française qui permettra au plus grand nombre de découvrir cette oeuvre exceptionnelle.
ps: On regrettera peut-etre un peu la traduction en français des chansons comme dans "Ai ga kikoeru" .